Citation.

"Dans la vie, il faut décider si l'on veut conjuguer le verbe "avoir" ou le verbe "être"". Franz Liszt.

jeudi 13 mars 2008

Mazeppa, Liszt, Alpha...

Décevant. Ce disque ne correspond pas beaucoup à l’idéal du label Alpha qui, jusqu'à présent, savait mettre en avant des personnalités artistiques de premier ordre comme Eric Le Sage ou l’Arpeggiata, et était réputé pour ses notices extrêmement claires et précises.

Tout d’abord, le choix du piano est assez surprenant et semble arbitraire. L’idée de rejouer les grands compositeurs sur instruments d’époques est très séduisante et très à la mode, mais elle ne se suffit pas à elle-même ; encore faut-il savoir ce que l’on fait et dans quel but. Liszt a certes joué sur des pianos Pleyel, mais on tient de sa plume qu’il préférait de loin les pianos Erard pour ses œuvres. Jouer ses œuvres sur un Pleyel n’est donc pas un sacrilège, mais la démarche de recherche sonore est dénuée de sens si elle n’a pas une raison bien précise.

Outre ce choix de piano, le pianiste cache ses défauts techniques derrière la sonorité peu précise du piano qui naturellement mélange légèrement les sons entre eux. C’est un bien mauvais service rendu à l’effort que font tant de personnes compétentes pour faire accepter la musique sur instruments anciens comme valable, et non comme un échappatoire pour mauvais musiciens.

Le choix du titre du disque, Mazeppa, nous a fait espérer une révélation de cette étude diaboliquement difficile, espérance brisée lorsque l’on découvre cette étude malmenée, jouée de façon lourde et extrêmement lente, pompeuse et parfois même en tapant à côté.

Le choix d’enregistrer Mazeppa ne peut pas être pris à la légère, car cette étude a déjà été enregistrée par des pianistes tels que Cziffra, Duchâble, Berezovsky, Berman, et bien d’autres avec qui la comparaison ne se fait même pas. Bien sûr, ce n’était pas sur instrument d’époque, mais citons le disque « Un Sospiro » sorti chez Ut3, présentant des œuvres variées de Liszt, jouées sur un Erard de 1880 par Pascal Mantin, qui est une véritable réussite dans le style.

Le reste du disque est tout aussi décevant, avec un petit plus peut être pour les chants polonais qui ne sonnent pas si mal. Et en terminant par une improvisation tout à fait ridicule ; le pianiste explique que l’improvisation ne se fait guère plus au concert de nos jours, ce qui est faux : Cziffra improvisait souvent en concert ou en enregistrement, à tel point que l’on a du mal à distinguer ce qui est de lui et ce qui est de Liszt, on pourrait également citer de nombreux très bons improvisateurs actuels comme Boyan Vodenicharov qui donne cours à Bruxelles, et j’en passe. Je n’hésiterais pas à dire : à quoi bon ce disque !

Franz Liszt (1811 – 1886)
Funérailles, Paysage, Mazeppa, Trois chants polonais, Spozalizio, Il Penseroso, deux Liebestraum, Improvisation.
Patrick Scheyder, piano
1CD Alpha 119
Enregistré en août 2006 et février 2007 à Bellac, Théâtre du Cloître.


Sebastien Dupuis.

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci d'avoir citer dans le même paragraphe Cziffra et Vodenicharov!!! Ca fait plaisir de lire des choses qui collent à ma sensibilité... Il doit vraiment pas être bon ce disque :)

Serge Bayet

Citation.

"Qui sait le pourquoi de sa vie en supportera presque tous les comments." Friedrich Nietzshe.